Un peu d'histoire...

Flora Tristan

Née à Paris le 7 avril 1803, elle côtoie les mouvements utopistes et écrit plusieurs ouvrages dont L’union Ouvrière (1843) dans lequel elle expose un programme révolutionnaire pour permettre aux ouvriers de sortir de la misère dans laquelle ils se trouvent et d’accéder à l’instruction.
En avance sur son temps, elle proclame « ouvriers, vous êtes faibles et malheureux parce que vous êtes divisés, unissez-vous, l’union fait la force ».
Elle pense que pour sortir de la misère, il faut aussi instruire les femmes, cette moitié délaissée de l’humanité. En avril 1844, elle entreprend un tour de France pour faire connaître ses idées.
Elle parcourt les villes industrielles où elle donne des conférences, rencontre des ouvriers et les encourage à fonder des associations. Elle meurt à bout de forces le 14 novembre 1844 ; elle avait tout juste 41 ans.
En 1846, sa fille Aline donna naissance à un petit garçon : Paul Gauguin, le peintre.
C’est un symbole fort – celui d’un combat humaniste et féministe - que d’avoir choisi le nom de Flora Tristan pour baptiser un lycée professionnel dont l’ambition est de former et d’éduquer dans le respect de la mixité et de l’égalité des chances.

   Histoire du lycée

Nous sommes en 1956 et c’est en ces termes que Gaston MEILLON, alors Maire de La FERTE-MACE, s’adresse à René COTY : il souhaite en effet installer le Centre Public d’Apprentissage Féminin dans les locaux du « Domaine de Saint-Denis », demeure bourgeoise bâtie en 1912 par un industriel du textile, et cette opération ne peut se réaliser qu’au terme d’une expropriation, enjeu d’un véritable feuilleton juridique et nécessitant au final l’arbitrage du Président de la République lui-même.
Il faut dire que le Centre d’Apprentissage qui a été créé pour l’éducation des jeunes filles dès 1944, après avoir occupé à ses débuts la propriété dite « Rocher Marie », puis avoir été hébergé a titre provisoire au sein de l’école de garçons « Paul Souvray », est victime de son succès. Les locaux successifs sont devenus trop exigus et l’on doit refuser des inscriptions.
Lorsque à la rentrée de septembre 1956 l’établissement intègre enfin le « château », comme on appelle aujourd’hui le bâtiment d’origine en raison de son architecture somptueuse, le centre compte quelques 180 élèves internes. La diversité des activités (couture, repassage, aide-maternelle, enseignement ménager…) nécessite d’ériger sur le terrain deux baraquements pour abriter six ateliers.
C’est à partir des années soixante que démarre la construction des bâtiments modernes, à commencer par l’actuel internat réalisé en deux tranches en 1961 et 1963.
La structure pédagogique et la palette des formations vont évoluer également vers la forme qu’elles ont aujourd’hui, mais si la mixité est dorénavant de mise, les enseignements dispensés garderont longtemps leur particularité d’origine d’accueillir un public essentiellement féminin. C’est encore vrai dans le domaine des métiers de la mode, des carrières sanitaires et sociales, alors que l’hôtellerie - restauration assure la parité. Si, plus récemment, le lycée Flora Tristan a été retenu pour implanter l’atelier électronique, c’est précisément parce que l’on pensait que l’environnement féminin proposé par le reste de l’établissement encouragerait les jeunes filles à s’orienter davantage vers cette filière, souvent l’apanage de lycées industriels réputés plutôt « virils ».
Aujourd’hui les élèves bénéficient de formations à des métiers variés, porteurs d’avenir, dans un lycée situé au
coeur d’un parc arboré magnifié par le « château ». Cette situation si favorable, nous la devons sans doute au départ à la ténacité d’un Maire fertois soucieux que sa commune puisse offrir aux jeunes filles un cadre propice à leur éducation. Mais il n’est pas interdit de penser que nous la devons peut-être aussi incidemment au fait qu’un couple présidentiel soit venu soigner ses rhumatismes ou ses vaisseaux sanguins dans une station thermale toute proche déjà bien réputée dans les années cinquante !